Une semaine riche à l’école de Fakarava

Lors de notre séjour sur l’atoll de Fakarava en Polynésie française, nous avons pu découvrir la singularité de l’école Rotoava ainsi que faire connaissance avec l’une des classes de l’école de Faaité, atoll « voisin » situé à 3 heures de bateau, venue en classe découverte pendant une semaine. Nous avons eu plusieurs temps forts avec les élèves et les enseignants de ces deux écoles entre découverte de la réserve biosphère mondiale, les danses traditionnelles et les sports polynésiens.

 

L’école de Fakarava à la pointe de la recherche scientifique !

L’école  de Rotoava de Fakarava est dirigée par Chantal Fauurade et compte 109 élèves répartis en 5 classes de la petite section au CM2. Il y a donc des classes multi niveaux. Pour fonctionner, l’école dispose de moyens complémentaires avec  un enseignant supplémentaire pour faire de la co-intervention dans les classes et un professeur spécialisé pour prendre en charge les élèves rencontrant des difficultés.

 

Ici, tous les élèves mangent à la cantine 3 fois semaines pour leur permettre de se « familiariser » avec la future cantine du collège (on vous explique pourquoi plus loin) et pour offrir à certains un repas équilibré car l’un des projets de l’école est la lutte contre l’obésité, le fléau de la Polynésie. D’ailleurs depuis 10 ans, le gouter du matin a été supprimé et remplacé par des arbres à fruits plantés dans la cour de l’école par les enfants des années précédentes.

 

Les horaires sont adaptés au climat avec 2 « mercredi » dans la semaine :

  • Les lundi, mardi et jeudi, de 7h30 à 11h30 et de 13h à 15h30,
  • Les mercredi et le vendredi de 7h30 à 11h30.

Ce qui fait l’originalité de cette école, ce sont les petites récréations de 10 mn (2 le matin et 2 l’après-midi)  qui ont remplacées depuis cette année les traditionnelles de 20 mn pour permettre aux élèves de souffler entre deux séances et de retrouver de la concentration. Les enseignants se sont appuyés sur les dernières recherches en neurosciences pour proposer ce nouveau rythme en conseil d’école.

Enfin, l’un des projets pédagogiques de l’école est axé sur l’autonomie des élèves surtout à partir du niveau CM1 car les élèves vont devoir aller au collège pour poursuivre leur scolarité, et le collège, pour les élèves de Fakarava (et de Faaité !) ce n’est pas la porte à côté !

 

Les particularités du système scolaire polynésien

La Polynésie française étant un territoire français, les personnels enseignants relèvent donc du Ministère de l’Education Nationale. Les professeurs des écoles enseignent le polynésien. Les professeurs remplaçants sont par contre recrutés uniquement en Polynésie. Pour le reste du fonctionnement de l’école, c’est la commune qui assure comme en métropole. Les professeurs des collèges et lycées publics viennent très souvent de la métropole et pour 3 ans uniquement.

L’Atoll de Fakarava appartient à l’archipel des Tuamutus un ensemble de 109 îles comptant 48 écoles et 2 collèges. Après la classe de CM2, les élèves de Fakarava vont au collège à Ranguiroa situé à 1h00 d’avion. La plupart ne rentreront que 2 fois par an chez eux aux périodes des grandes vacances de décembre et de juin-juillet, la collectivité de Polynésie leur payant 2 billets par an. La grande majorité des élèves sera interne la semaine, et l’internat étant fermé le week-end, les élèves rejoindront une famille d’accueil pour le week-end (un frère, un oncle, une cousine…). Quelques fois, les familles déménagent carrément à Ranguiroa dès que leur enfant entre au collège. L’on comprend mieux pourquoi les enseignants de cette école essaient de favoriser et de développer l’autonomie de leurs élèves.

Pour le lycée, il en sera de même. A l’exception d’un lycée agricole et du futur lycée des métiers de la mer implantés tous deux à Moorea, les élèves devront poursuivre leur scolarité à Tahiti qui concentre 70% de la population polynésienne. Tous les lycées y sont localisés et leurs internats, fermés le week-end, ne peuvent accueillir tout le monde. Les familles doivent avoir des proches pour accueillir leur enfant et nombre d’entre eux se découragent dès la 2ème année. Il faut s’imaginer que la Polynésie française, c’est grand comme l’Europe !

 

« Vous pouvez m’inscrire dans cette école ? »

C’est grâce à Olivia notre hôte Guesttoguest sur l’atoll que nous avons pu être en contact avec la directrice de l’école avant notre arrivée. Celle-ci nous a conviés à une première rencontre avec ses élèves de CM2 qui accueillaient ce jour-là une classe de CE2-CM1-CM2 de l’école de Faaité. L’objet de cette rencontre est la présentation de la réserve  de biosphère mondiale de Fakarava classée à l’UNESCO par les élèves de l’école à leurs homologues de Faaité. A l’aide d’un diaporama et dune carte, les élèves explique à tour de rôle l’organisation et le fonctionnement de la réserve, les différentes zones d’activités autorisées et les zones protégées qualifiées localement de « garde manger ” : zones centrales, tampons et de transition. Une véritable leçon sur la protection de l’environnement.

 

Après un quizz et une série de question-réponse sur cet exposé, la pollution, les déchets plastiques, la directrice nous présente à tous les élèves et invite Rudo à intervenir comme « spécialiste de la géographie » (si, si !). Ce dernier félicite les élèves pour leur travail et leur dit qu’il sait maintenant pourquoi il a vu autant de poissons et de requins lors de sa plongée la veille dans la passe de Fakarava et qu’ils ont bien raison de protéger leur environnement car en Europe, il n’y a plus assez de poissons pour nourrir tout le monde. Ce fût l’occasion de rappeler que dans beaucoup de pays visités, nous avions vu beaucoup de déchets plastiques et de parler du « 7ème continent » où tous les déchets s’agglomèrent dans le Pacifique sous l’action des courants marins. Chaque membre de la famille parle ensuite de ce qu’il a vu pendant le voyage.

 

Après cette séance, Gabin et Guillemette partent en récréation avec tous les élèves et en profitent pour se faire de nouveaux copains. Pendant ce temps-là, nous échangeons avec la directrice sur le fonctionnement de l’école et la scolarisation en Polynésie. Un échange très fructueux.

Le soir, le directeur de l’école de Faaité a invité nos 2 enfants à venir participer à un tournoi d’échec organisé pour les élèves des deux écoles. Le soir même, Gabin nous demande si nous pouvions l’inscrire à l’école pour la semaine  ce qui n’était pas possible.

 

 

Spectacle de danses traditionnelles.

Deux jours plus tard, le jeudi après-midi, nous étions de nouveau invités pour assister à un spectacle préparé par les élèves de l’école primaire en l’honneur de ceux de Faaité. Au programme, danses et chants polynésiens.

 

Après le spectacle, un goûter fut offert par l’association des parents d’élèves à tous les enfants. Sans l’aide des parents beaucoup d’actions dans ces deux écoles ne pourraient se faire. D’ailleurs quelques parents accompagnent la classe découverte de Faaité et aident l’enseignant dans les tâches quotidiennes qu’impliquent un tel projet : préparation des repas, encadrement … Après le goûter, le directeur de Faaité propose un parcours sur des échasses (activité très en vogue en Polynésie mais dont l’origine reste inconnue) et des défis aux enfants des deux écoles auxquels se joignent Gabin et Guillemette.

 

Le lendemain matin, les enfants s’initient à un sport traditionnel : le lancer de javelots qu’il faut planter sur une noix de coco ! Gabin a saisi cet instant dans l’extrait vidéo ci-dessous :

 

 

Nous tenions à remercier chaleureusement Chantal Fauura de nous avoir accueilli dans l’école, nous y avons passé de bons moments. Nous avons eu de nombreux échanges avec l’équipe enseignante et le projet de l’école est intéressant. Gabin et Guillemette étaient très contents de rencontrer des enfants de leur âge et de pouvoir passer du temps sans leurs parents simplement à jouer car les copains rencontrés à l’école, ils les retrouvaient aussi après l’école.

 

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