Nous avons dormi chez Piero à Zorritos

Après dix jours passés à Cuzco et dans la vallée sacrée des Incas, nous  reprenons l’avion pour nous rendre dans le nord du Pérou à Zorritos près de la frontière équatorienne où nous attend Piero pour un nouvel échange de maison.

Zorritos, c’est l’un des spots de surf du Pérou et l’un des rares endroits où l’on peut aussi se baigner sur la côte ouest du continent sud américain car le trait de côte change de direction pour partir vers l’est en s’éloignant donc du courant d’eau froide d’Humboldt qui prend aussi une autre direction. L’océan Pacifique y est chaud :  l’eau est autour des 24°C. Deux mois et demi après avoir quitté l’île de Pâques, toute la famille est contente de retrouver les joies de la plage, de la baignade et du surf. Cette région du Pérou constitue un cas concret pour étudier le réchauffement climatique et les conflits d’usage d’un espace maritime.

Après 3 h de vol avec un changement à Lima, nous atterrissons à Piura située à 3 h30 de route de Zorritos. Notre hôte s’est occupé de notre transfert en taxi jusqu’à chez lui où nous arrivons vers 22h. Piero nous accueille dans un excellent français. Pendant la dictature, il est parti faire ses études d’éleveur dans notre pays et y a passé de nombreuses années avant de revenir dans le sien créer une ferme quand la démocratie fût rétablie. Il nous renseigne sur les activités à faire dans le coin, les bons petits resto pas chers à 2,50 dollars le menu et nous met en relation avec un chauffeur de taxi tuk-tuk pour nous déplacer car sa cabane est à l’écart de la ville à 4 km.

Dans cet échange, Piero nous met à disposition sa “cabane” en bambou et en bois sur la plage. Nous l’avons pour nous tout seul. Piero réside ailleurs. C’est un échange pour 4 nuits avec les Guestpoints. La cabane est très simple et rudimentaire. C’est Piero qui l’a construite. Il y a 3 chambres avec chacune leur salle de bain et une pièce de vie avec un coin salon. A l’extérieur sur le sable, il y a une cuisine et une partie ombragée avec tables, chaises et hamacs donnant directement sur la plage. Nous bénéficions d’une connexion wifi pratique pour finaliser notre séjour prochain en Équateur.

 

 

Le cadre est propice au repos et à l’école : “si tu veux te baigner après le petit dej’, il faut d’abord faire la leçon !”. Là ce qui est sympa, c’est que tu es déjà sur la plage même un peu trop près.

 

Le réchauffement climatique en direct

La plage devant la cabane, à marée basse.

 

Dès que nous sommes arrivés, ce qui nous a surpris, c’est que l’océan est vraiment près. A marée haute, les vagues viennent lécher le portail au fond de la propriété. La nuit, avec le bruit des vagues, on a l’impression de dormir sur l’eau. Il y a encore quelques années la plage était plus large et la propriété était à une cinquantaine de mètres du rivage à marée haute. Mais inexorablement la mer grignote le cordon de petites dunes et les sacs de sables empilés par tous les propriétaires du coin pour protéger et renforcer les sols ne suffisent pas enrayer le phénomène de montée des eaux. Il est fort à parier que d’ici 3 à 5 ans, l’océan aura submergé cette partie de la côte, un phénomène que nous avons constaté dans plusieurs endroits où nous sommes allés pendant ce tour de la planète.

 

Mais nous sommes venus pour faire du surf alors les enfants ont pris un cours sur la plage de Zorritos avec le champion du coin ! C’était pas du grand surf car les conditions n’étaient pas top avec des vagues qui se formaient très près du rivage et cassaient rapidement ce jour-là.  Mais là encore, les enfants ont pu constater une nouvelle fois les ravages des déchets plastiques flottants qui s’échouent sur ce spot de surf tous les jours en provenance de l’océan sans compter les locaux du coin qui ne font pas gaffe non plus.

 

 

A cela s’ajoute le conflit que nous avons pu voir en direct opposant les exploitants des plateformes pétrolières que l’on aperçoit au loin avec les pêcheurs du coin qui voient leur zone de pêche réduite (et donc leur revenu) avec l’octroi d’une nouvelle concession. Ni une, ni deux, ici, on ne fait pas dans la demi-mesure. Les pêcheurs abattent des arbres pour couper la route nationale conduisant en Équateur et plus aucun véhicule ne circule dans les deux sens pour toute la journée. Les tuk-tuk du coin connaissent eux les petits chemins !

 

Cette région du nord du Pérou est vraiment différente de ce que nous avions pu voir à Cuzco et dans la vallée sacrée des incas. Ici, c’est presque désertique. Nous avons fait une belle rencontre avec Piero une personnalité attachante. Les enfants ont pu voir encore une fois de leurs propres yeux ce qu’ils ont étudié cette année dans leur programme scolaire respectif, et sauf un changement radical des mentalités et des comportements, le monde de demain.

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